Colloque #DHNord 2025: « Valoriser les données de recherche en humanités numériques, enjeux, pratiques, perspectives » @ Lille
12 novembre 2025 • 9h 14 novembre 2025 • 17h
Université de Lille
Programme
Le programme est disponible sur le site du colloque.
Appel à communication
Organisé par la Maison Européenne des Sciences de l’Homme et de la Société (UAR 3185), en partenariat avec notre Centre, DHNord 2025 se tiendra les 12, 13 et 14 novembre 2025 à Lille, en présentiel et en ligne via Zoom.
Depuis 2014, le colloque international DHNord propose un espace de réflexion sur les pratiques et évolutions des humanités numériques dans l’enseignement supérieur et la recherche, en incluant le monde des bibliothèques, des archives et des musées. Alors que la science ouverte est encouragée par les pouvoirs publics, l’édition 2025 de DHNord sera consacrée aux enjeux de production, de valorisation et de mise à disposition des données de recherche, en mettant l’accent sur les phases finales de leur cycle de vie. L’objectif est d’examiner comment les humanités numériques abordent les problématiques liées à la curation, la pérennisation et la valorisation des données de recherche dans un contexte de transformation des pratiques scientifiques et de diversification des usages. Trois axes structurent cet appel à communication :
1. Production et curation des données de recherche
Dès la conception d’un projet, la question du dépôt, de la réutilisation et de la valorisation des données occupe une place centrale. Les infrastructures de recherche développent des stratégies pour garantir l’accès, la qualité et la pérennité des données, comme l’introduction de modérations humaines (lancement de la modération dans l’entrepôt Nakala en janvier 2025), l’obtention de certifications (Core Trust Seal pour Recherche Data Gouv) ou encore l’identification d’entrepôts de confiance (liste du collège Données de la recherche de 2024).
Cette attention accrue appelle une réflexion sur la correction et l’évaluation des données produites et ouvertes. Leur qualité et leur fiabilité conditionnent leur réemploi et leur impact scientifique. Dans ce cadre, il s’agit d’identifier et d’interroger :
- Les pratiques de curation et les stratégies d’annotation et de documentation des données.
- Les outils disponibles pour les chercheurs, ingénieurs, archivistes et bibliothécaires afin d’assurer la gestion efficace des données (plan de gestion, rapport de curation, documentation pérenne ou cahier de laboratoire électronique).
- Les diverses manières d’intégrer des principes FAIR (Findable, Accessible, Interoperable, Reusable) et CARE (Collective Benefit, Authority to Control, Responsibility, Ethics) dans la production et la gestion des données en humanités numériques.
2. Diffusion, pérennisation et archivage des données
Plus en aval du cycle de vie, la diffusion, la pérennisation et l’archivage des données de recherche sont à considérer avec attention. Si la science ouverte encourage leur mise à disposition, toutes les données n’ont pas vocation à l’être.
Outre les restrictions légales et éthiques (comme celles du Règlement Général sur la Protection des Données ou RGPD), d’autres facteurs influencent leur conservation et leur réutilisation :
- Risques numériques et techniques : dépendance aux plateformes propriétaires, obsolescence technologique, complexification des outils et emprise croissante des acteurs industriels de l’IA sur les infrastructures et méthodes de recherche.
- Contraintes économiques : coûts techniques, financiers, humains ou énergétiques associés à l’ouverture des données.
- Enjeux de gouvernance : responsabilité des chercheurs et des institutions dans la gestion des données ouvertes.
- Tensions éthiques : équilibre entre droit au savoir et droit à l’oubli, exigences des financeurs versus ressources disponibles.
- Enjeux politiques liés à la production, la manipulation, l’appropriation et la possible destruction des données publiques de la recherche.
- Dynamique internationale : standardisation des pratiques et science ouverte européo-centrée (ou Nord-centrée ?), au détriment d’autres cadres culturels et scientifiques de production scientifique.
L’archivage des données ne se limite pas à leur conservation. Il importe de distinguer la préservation à court et moyen terme des véritables stratégies d’archivage sur le long terme, qui impliquent des choix sur :
- Les critères de sélection des données à conserver.
- Les formats et les infrastructures à privilégier pour assurer leur pérennité.
- Les interconnexions entre bases de données et plateformes de diffusion.
Enfin, ces enjeux doivent être envisagés sous l’angle de l’inclusion et de l’exclusion. La prise en compte de la diversité des langues dans les humanités numériques s’impose de plus en plus pour garantir une large diffusion des savoirs. L’intégration de corpus multilingues, le développement d’outils adaptés et l’exploitation de corpus variés permettent de renforcer l’accessibilité et la diversité des recherches. Cependant, des efforts restent nécessaires pour surmonter les barrières technologiques et concilier standardisation et respect des spécificités linguistiques.
3. Valorisation, usages des données en humanités numériques … et au-delà
La valorisation des données de recherche en humanités numériques est un enjeu clé qui dépasse le cadre strictement académique. Elle peut être scientifique, économique, culturelle, artistique ou citoyenne et s’inscrire dans une dynamique de partage et de diffusion des savoirs.
Dans cette perspective, plusieurs dimensions méritent d’être explorées :
- Modalités de valorisation : quels types d’usages pour les données en Sciences Humaines Sociales et dans les humanités numériques ?
- Retour d’expérience de projets fondés sur la réutilisation et la mise en valeur des données de recherche.
- Rôle des institutions patrimoniales (musées, bibliothèques, archives) dans la (re)médiation et la réutilisation des données.
- Identification des publics concernés et attentes en matière d’accès aux savoirs.
L’ouverture interdisciplinaire et la collaboration avec le secteur patrimonial offrent donc des perspectives nouvelles. Approfondir les liens entre les humanités numériques, les bibliothèques, les archives et les musées peut favoriser des synergies possibles et le renouvellement des pratiques de valorisation des données.
La valorisation de la recherche en humanités numériques ne peut être envisagée sans une réflexion sur les principes de la science ouverte et leur mise en œuvre. Face aux défis écologiques posés par le numérique, l’adoption de solutions durables pour une diffusion responsable des données est devenue une préoccupation de plus en plus partagée. C’est pourquoi DHnord 2025 donne toute sa place aux approches low-tech qui tentent de concilier le projet des humanités numériques avec la réduction de son empreinte environnementale.
Modalités de soumission
Les propositions de communications sont attendues jusqu’au 16 mai 2025 minuit (heure de Paris) sur le site Sciences Conf du colloque uniquement.
Les propositions doivent contenir (en un seul fichier déposé au format PDF):
- un résumé de la communication de 500 mots maximum
- une biographie de 5 à 10 lignes maximum par auteurs
N.B: les auteurs dont les propositions seront sélectionnées autorisent la réutilisation des résumés et biographies pour alimenter le site du colloque, de la MESHS et le programme du colloque (papier et numérique).
Les communications finales prendront la forme d’une conférence de 20 mins suivie d’environ 5 mins de questions.
Une publication des actes est envisagée.
L’évaluation en double aveugle sera réalisée par le comité scientifique :
- Anton Boudreau Ninkov (Université de Montréal)
- Joana Casenave (Université de Lille)
- Valentin de Craene (CNRS)
- Alicia Léon y Barella (Université de Lille)
- Julien Schuh (Université de Nanterre)
- Michael Sinatra (Université de Montréal)
- Philippe Useille (Université Polytechnique des Hauts-de-France)
Ce contenu a été mis à jour le 5 avril 2026 à 17 h 42 min.